Le développement urbain de Voiron entre le XVIIIe et le XXe siècles ; quelques repères

  • Le développement de l’industrie toilière dans la seconde moitié du XVIIIe siècle génère la création du mail.
  • L’arrivée du chemin de fer et la création de la gare en 1858 suscitent un nouveau quartier et permettent le développement industriel dans les autres quartiers (Paviot, Sermorens, Le Colombier).
  • La réflexion sur le développement de la ville vers 1920 aboutit à l’aménagement  de nouvelles rues, quartiers et lotissements…
Voiron, vue aérienne, situation des quartiers présentés © SIG CAPV
Voiron, vue aérienne, situation des quartiers présentés © SIG CAPV
Vue aérienne de Voiron vers 1970 depuis le sud-est ; les usines à gauche, le quartier de la gare, la ville médiévale à droite, le boulevard Jules-Ravat en haut à gauche (AM Voiron). © Archives municipales de Voiron
Vue aérienne de Voiron vers 1970 depuis le sud-est ; les usines à gauche, le quartier de la gare, la ville médiévale à droite, le boulevard Jules-Ravat en haut à gauche (AM Voiron). © Archives municipales de Voiron
Les coteaux de Criel encore peu occupés ; le mail (axe au centre planté d’arbres) se prolonge vers Paviot et les étendages des blanchisseries. Photographie anonyme, Collection Musée dauphinois © Musée dauphinois
Les coteaux de Criel encore peu occupés ; le mail (axe au centre planté d’arbres) se prolonge vers Paviot et les étendages des blanchisseries. Photographie anonyme, Collection Musée dauphinois © Musée dauphinois

Sur le mail

Au XVIIIe siècle, dame Sénozan, propriétaire d’un grand domaine situé au sud-ouest du bourg ancien, fait don d’une partie de son bien où est installé un jeu de mail* en 1780.

Le terrain de jeu devient une promenade publique. La commune l’acquiert et y installe des bancs « comme à Grenoble ».

En 1813, la ville de Voiron propose des travaux en vue de « l’amélioration de la splendeur de la ville » parmi lesquels figurent la plantation d’arbres sur le mail et construction d’un quai maçonné le long de la Morge, pour tenter de pallier à ses débordements.

D’autres parties de la propriété Sénozan sont cédées à la fin du XVIIIe siècle à des négociants et blanchisseurs en « toile de Voiron » qui y construisent leur demeure. Ces activités  génèrent l’établissement d’hôtels et d’auberges à proximité.

Le plan de 1813 indique le nom des propriétaires des maisons situées le long du mail et du cours Sénozan.

* Ancêtre du jeu de croquet

« Plan d’une portion de la ville avec projet de quai le long de la Morge, borne pour le marché et plantations », 1813 (AM Voiron). Sa légende indique les noms des personnes occupant les immeubles du mail. © Patrimoine culturel
« Plan d’une portion de la ville avec projet de quai le long de la Morge, borne pour le marché et plantations », 1813 (AM Voiron). Sa légende indique les noms des personnes occupant les immeubles du mail. © Patrimoine culturel
Extrait du plan de 1813. La maison Brun, et la maison de négociant Rambeaud, 16 et  22 cours Sénozan. © Patrimoine culturel
Extrait du plan de 1813. La maison Brun, et la maison de négociant Rambeaud, 16 et 22 cours Sénozan. © Patrimoine culturel
Extrait d’un plan de Voiron, fin du XIXe siècle (AM Voiron). A l’articulation avec la place d'Armes et sur les anciennes tanneries et maisons est construit en 1864 la nouvelle église. Le chemin de fer nécessite un viaduc, établi au sud du mail. © Archives municipales de Voiron
Extrait d’un plan de Voiron, fin du XIXe siècle (AM Voiron). A l’articulation avec la place d'Armes et sur les anciennes tanneries et maisons est construit en 1864 la nouvelle église. Le chemin de fer nécessite un viaduc, établi au sud du mail. © Archives municipales de Voiron
Vue depuis le cours Sénozan vers l’actuelle place de la République. Gravure, Victor Cassien. © Patrimoine culturel
Vue depuis le cours Sénozan vers l’actuelle place de la République. Gravure, Victor Cassien. © Patrimoine culturel

Quand la ville se développe jusqu’à la gare

Plusieurs projets de développement urbain sont envisagés entre 1819 et 1850, comme en témoigne la confection de différents plans.

En 1841 l’architecte-voyer France établit un « plan général » de la ville sur lequel il dessine très précisément les îlots à construire près de la gare projetée. Celle-ci stimule l’implantation d’immeubles d’habitation, d’ateliers et d’usines, édifiés entre 1860 et 1900 dans ce nouveau quartier.

Vue générale projet quartier de la Gare, plan par l’architecte-voyer France en 1841 © Archives municipales de Voiron
Vue générale projet quartier de la Gare, plan par l’architecte-voyer France en 1841 © Archives municipales de Voiron
Le quartier de la gare en projet : bâti existant en gris, îlots à construire en rose. « Plan général de la ville », par l’architecte-voyer France en 1841  (AM Voiron - Vue générale et extrait). © Archives municipales de Voiron
Le quartier de la gare en projet : bâti existant en gris, îlots à construire en rose. « Plan général de la ville », par l’architecte-voyer France en 1841 (AM Voiron - Vue générale et extrait). © Archives municipales de Voiron
Chantier de construction des immeubles de la rue Vaucanson, vue prise vers la rue de la Porte de la Buisse (Photographie anonyme, Collection  Musée dauphinois). © Musée dauphinois
Chantier de construction des immeubles de la rue Vaucanson, vue prise vers la rue de la Porte de la Buisse (Photographie anonyme, Collection Musée dauphinois). © Musée dauphinois
Vue du quartier de la gare depuis la rue des Fabriques, 2016. © Patrimoine culturel
Vue du quartier de la gare depuis la rue des Fabriques, 2016. © Patrimoine culturel

Les immeubles construits entre 1870 et 1910 dans le quartier s’inscrivent dans la typologie de l’immeuble haussmannien, qui, rappelons-le, se caractérise par son ampleur, l’usage de gabarits donnant des volumes similaires aux constructions, l’ordonnancement et l’ornementation qui le soulignent.

Ces immeubles, dits de rapport, répondent à une opération immobilière destinée à créer des appartements à louer à chaque étage, ce qui en fait des édifices plus élevés que les maisons d’habitation.

Les immeubles sont construits sur de vastes parcelles, en moellons de pierre, enduits pour la façade sur rue. Les fenêtres de taille égale jouissent souvent de riches décors en ciment moulé sur leur encadrement, tandis qu’un lambrequin dissimule le store. Seul le dernier étage a un balcon filant, les autres plus réduits rythment la façade ou se limitent à des garde-corps.

Très haut, le rez-de-chaussée accueille le plus souvent une activité commerciale. 

Ce quartier, unique en voironnais par la concentration de ce type d’immeubles, est à mettre en regard avec ceux construits à Grenoble à la même époque.

Immeuble de type haussmannien avec commerces et  porte cochère au rez-de-chaussée, angle rue Allard et Vaucanson. © Patrimoine culturel
Immeuble de type haussmannien avec commerces et porte cochère au rez-de-chaussée, angle rue Allard et Vaucanson. © Patrimoine culturel
Opulent immeuble haussmannien construit par des soyeux lyonnais en 1895 face à la gare, 9 avenue des frères Tardy © D.Lachas
Opulent immeuble haussmannien construit par des soyeux lyonnais en 1895 face à la gare, 9 avenue des frères Tardy © D.Lachas

La ville au XXe siècle

Le « plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension » dit « plan général », établi en 1923, s’inscrit dans le cadre législatif français de la loi Cornudet de 1919, complétée en 1924. Elle oblige les communes « de plus de 10 000 habitants » à se doter d’un projet d’aménagement qui intègre les trois aspects : esthétique, hygiène et circulation.

Plusieurs plans, dont certains à l’échelle du quartier, sont créés pour Voiron par l’ingénieur-conseil Raché afin d’envisager le tracé de nouvelles voies reliant les quartiers entre eux et à l’ancien bourg médiéval.

Ce plan nous renseigne de manière très détaillée sur les aménagements de voirie envisagés, destinés à établir des circulations nord-sud, mais également entre quartiers. Le projet de percement d’une large avenue (dénommé Jules Ravat, en jaune sur le plan) destinée à éviter le quartier de Sermorens, y figure déjà. Il a été réalisé en 1964. Plan général, 1923 (AM Voiron). © Archives municipales de Voiron
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